jeudi 16 août 2007

Béja fait ses adieux à Slimane Mustapha Zbiss


Béja le 28/05/2003


Béja fait ses adieux àSlimane Mustapha Zbiss




Je remercie Mme Khedija Menchari pour sa publication épique dans la Presse du 22/05/2003 concernant le grand pionnier de l’archéologie et l’une des plus illustre figure des sciences du patrimoine et de la culture feu Slimane Mustapha Zbiss. Je vais me permettre de reprendre des passages de l’article de Mme Menchari avec quelques apports que j’ai pu collecter sur les relations de Mustapha Zbiss avec Béja.
Né à Testour le 1er Mai 1913, Slimane Mustapha Zbiss était d'origine andalouse "Ilopis". Son enfance fut surtout influencée par la personnalité de son père qui était un Cheikh de "malouf" . Après avoir vécu à Béja une partie de son adolescence, il se retrouve à Tunis en 1928 pour y poursuivre sa scolarité au collège Sadiki. Il est resté très attaché à Béja en ayant un cercle particulier parmi ses compagnons on cite quelques notables Béjaois comme Mohamed Ennouri ,  Mohamed  Dakhli  anciens déportés à Lambèse suite à la manifestation de 1937 devant le tribunal, Saâd Othmane président de la section de Jammâ Ezzitouna à Béja et Massaoud El Mokrani agriculteur et figure emblématique de la résistance algérienne responsable de la section FLN à Béja et d’autres amis de Béja comme les poètes algériens les Zaitouniens Lakhdar Esseihi et Lârbi Essaighi. A chaque fois qu’il visite Béja il est l’invité de Massaoud el Mokrani à henchir El Âlia de Bouhzem où d'en haut il aimait contempler Béja en murmurant elle est gaie et jaillissante de lumière. Juste après l’indépendance lorsque le conseil municipal d’antan a démoli les remparts de Béja il a pleuré à chaudes larmes en avouant qu’il a l’impression de perdre un proche

Il était membre correspondant de l'institut archéologique de Berlin et de Rome, membre du bureau du congrès international des arts turcs de Napoli, membre correspondant de l'académie Royale d'histoire espagnole depuis 1966, membre du bureau de l'association des techniciens des monuments historiques de Varsovie dès 1986, en 1967 enseignant à la faculté de lettre d'Alger.

Parmi ses ouvrages, citons: les monuments musulmans de Tunisie(1963), Considération sur les tentatives de restauration du pouvoir almoravide du Maghreb central et oriental(Madrid 1972), Le corpus des inscriptions arabes de Tunisie(1955), Etude sur les Morisques andalous(1983), Les coupoles tunisiennes et leur évolution(1959),), Les inscriptions de Monastir (1960), La Médina de Tunis(1981), Les monuments musulmans d'époque husseïnite en Tunisie(1955), les monuments de la médina de Tunis, les monuments et l'historique de Monastir(1964), Sidi Bou Saïd, promontoire du soleil éternel!
Sa participation sera capitale à la connaissance du patrimoine tunisien et l'on comprend le haut rang et distinction qui lui ont été offerts du Grand Prix national en archéologie et patrimoine(1987) et Commandeur de l'Ordre de mérite culturel(1992).
Slimane Mustapha Zbiss s'endort du sommeil du juste. Paix à son âme.






Kastalli Chérif
5 rue Ibn Rachiq Béja 9000

vendredi 3 août 2007

JEAN DE LA FONTAINE : UN TRICENTENAIRE DANS LA MONDIALISATION

Ce poème a été publié en 1995 par
Jeune Afrique N°1791-p76 –Du 4 au 10 Mai 1995

BEJA 1995


Le sanglier du GATT
et les Abeilles Indigènes


A la mémoire du fabuleux fabuliste
Depuis trois cent ans ne cesse de mettre sur liste
Nos caractères et nos comportements hypocrites
En faisant le portrait de la société et de ses mythes

Pendant que je jouais à l’esprit es-tu là
Des ténèbres Jean de la Fontaine se manifesta
Me confia une histoire qu’il a oubliée
A l’appel du Seigneur, n’a pas eu le temps de publier

Celle de son excellence l’ambassadeur
Au museau trop défenseur
Qui se permet de négocier sans gêne
Avec le souverain des abeilles indigènes

Le sanglier du GATT fort déchaîné
Descend de la montagne pour tout entrainer
Cassant barrières, tabia et zriba
Pour que les abeilles vendent mieux leur zlabia

Bousculées ont été pris de panique
Calmées par la Reine pas trop pudique
Sortit pour traiter politique
Lui fit le sanglier une grimace diplomatique

-Salamalecs, que sa Majesté considère
Notre bénévole action pas trop chère
Pour les voisins et les pays frères
Nous sommes venus pour vendre notre nectar
Pour que vos ouvrières piquent bien et développent leur dard

-Vous pouvez garder votre nectar dit la Reine
Nous avons le nôtre sans trop de peines
-Mais pour que votre Zlabia soit vendue
Il faut que vous achetiez comme il est convenu
Notre nectar et de payer les services rendus
-Chez vous on mange des hamburgers bien épicés
Par conséquent notre Zlabia ne sera point appréciée

A ces propos le Sanglier n’est pas surpris
Prononce un discours qu’il a bien appris
-Faux Bourdons faux Bourdiennes ! je vous ai compris
Par les rapports de la BIRD et de la FMI
Nous sommes fiers de vos facultés
On vous considère en l’occurrence parmi les privilégiés
Nous achèterions toutes vos fleurs non butinées
Vous auriez des nouvelles ressources à être enviées

Pas très convaincue, s’adresse à ses semblables la Reine
Avec un air grave et beaucoup de peine
-Sachez qu’il n’y a plus de Bled qui a ses propres poids
Que le tout fonctionne dans un système sans foi
Dans le cadre du nouvel ordre et ses maudites lois.





Kastalli Chérif, Tunisie
Mai 1995
Ce poème a été publié en 1995 par
Jeune Afrique N°1791-p76 –Du 4 au 10 Mai 1995

http://kastallicherif.blogspot.com/2007/07/agenda-21-beja-dveloppement-durable.html

mercredi 1 août 2007

Quel Avenir pour la Petite et Moyenne Exploitation Agricole ?

Béja 2002


Quel Avenir pour la Petite et Moyenne Exploitation Agricole ?


La création de sociétés de mutuelles de services agricoles est d'une importance grandiose dans la mesure ou elle intervient dans un contexte mondial dont les aspects ne sont pas encore bien définis, la gestion des conflits par l'OMC n'a pas pu éviter l'éclatement de part et d'autre dans le monde des crises comme la guerre de l'acier la guerre de la banane…. l'aide de l'état sera vu d'un autre angle. Comment maintenir l'aide à la mise à niveau, à la restructuration du secteur et de la profession? Comment impulser le secteur sans fausser la concurrence et éviter le dumping ? Les défis de la prochaine étape sont considérables et cela nous invite à répondre aux problématiques du développement de l'Agriculture à savoir, le faible rendement des exploitations la non maîtrise des techniques de production, le morcellement foncier, le lourd fardeau de la dette, l'incapacité des agriculteurs à se structurer, l'absence d'une approche spécifique selon les étages bioclimatiques, l'irrationalité de l'investissement, outre l'irrégularité des pluies notre agriculture est astreinte à améliorer sa compétitivité dans un contexte d'ouverture et de mondialisation et impulser, en conséquence, l'investissement et la création de l'emploi tout en assurant l'autosuffisance alimentaire. Le but principal des sociétés de mutualismes c'est la réduction notable des coûts de la production, l'amélioration des capacités de production des exploitations et l’augmentation des revenus des agriculteurs par un soutien à tous les niveaux de la chaîne de production en réduisent les frais de préparation du sol et en offrant une logistique de commercialisation, services de proximités, assistance technique, formation, etc. ….
La Petite et Moyenne Exploitation Agricole (PMEA) qui représente 73 % si on se contente seulement des exploitations qui disposent de moins de 10ha, car en région semi aride une exploitation de 50 ha est considérée comme une moyen exploitation de même le PMEA doit être défini selon la spéculation qu'elle est entrain d'entreprendre si l'activité est à forte valeur ajoutée même la micro-exploitation se comporte comme une entreprise viable. La PMEA est dans une position très fragile elle évolue vers la désintégration en perdant son statut d'une entité économique viable suite au processus de morcellement, en comparaison avec les résultats de l'enquête 61-62 le nombre d'exploitations (de moins de 10 ha) ont augmenté de 137000 unités d'où une nette régression des superficies due aux successions répétitives. Le mutualisme est une issue qui fait sortir la PMEA d'une conjoncture caractérisée par la baisse de ses revenues, la hausse des prix des intrants un pouvoir d'achat des exploitations laminé, le profit excessif des intermédiaires et un état permanent de dépendance et d’endettement. Le mutualisme viendra pour rationaliser l'investissement, maîtriser les dépenses, accélérer le processus de restructuration de la profession, réduire la main mise des urbains sur les ruraux(1)(à la rahba de Béja, au grand dam des agriculteurs, la commune prélève 2 Dinars sur chaque sac de céréale même si la transaction n’est pas opérée), il aidera notre agriculture à se redresser des séquelles des premières décennies de l’indépendance où la politique de fixation des prix a obligé le monde rural à offrir ses produits à des prix très bas aux urbains pour éviter les contestations salariales, réduisant ainsi les agriculteurs à une caisse de compensation ce qui explique bien la dette chronique des agriculteurs. La petite et moyenne exploitation agricole est organiquement liée dans un cadre spécifique où s'interférent une autorité rurale (2) et une approche développementaliste (3), ces liens ont tendance à être révisés depuis que le Ministère de l'Intérieur on lui a confié la tâche du développement local. Une tendance qui touchera les conseils locaux de développement sur le plan composition, budget, compétence, mobilisation et redistribution de fonds … on verra les conseils villageois évolués vers des arrondissements ruraux genre de communes. De même au niveau de la participation de la population à la conception et l'élaboration des plans de développement(4) .Tout en veillant à ce que les vœux de la population figurent dans les documents du plan afin d’éviter la sensation de ‘putsch des technocrates’ et pour mieux la responsabiliser lors de l'exécution et l’entretien des actions communautaires. Quant à l'autorité rurale: Certes le Omda existe mais il faut le réinventer, lui définir un profil, le former par des modules d'initiation à la sociologie, à l'économie rurale et l'animation. Le monde rural fait l'objet d'une grande préoccupation par les pouvoirs publics comme l'atteste les différents plans de développement seulement certains concepts doivent-être révisés. En effet l'approche de développement du monde rural ne doit en aucun cas avoir pour objectif de maintenir et d'attacher la ruraux en compagne en présumant la désertion des champs et l'asphyxie des villes ou la " ruralisation des villes". Cette conception est urbaine, exiguës bureaucratique et gravissime du développement rural dans la mesure où elle assiège le monde rural entre le piége et la crise. L'exode rural n'est pas un phénomène, c’est une conséquence directe de l’évolution sociale et démographique. Le monde rural, outre ces spécificités, est une ressource naturelle qui fonctionne comme un appareil dont les rendements sont limités et ne peut assurer l'entretien que d'un nombre bien déterminé d'individus et autant supporter un pression démographique plus que ces capacités. Cet appareil on doit le considérer comme une entreprise ayant une capacité de recrutement limitée et tout sur-emploi l'entraîne dans des difficultés structurelles. De ce fait il faut préparer les villes à accueillir non le flux migratoire mais plutôt la mobilité sociale, pour ce faire, il faut des aménagements autour des villes en parlant par exemple du Grand Jendouba ou Grand Béja (Hammam Sayala, Béja Maâgoula, Oued El Bessim …etc.), il ressort des plans d ‘aménagement urbain d’être plus prospectif en projetant les grands axes routiers pour ne pas se trouver dans des cul-de-sac, en introduisant aussi la notion de région programme avec l'installation d'une infrastructure économique capable de satisfaire la demande de l'emploi et l'insertion des jeunes diplômés. Cet aménagement est indispensable car il maintien la paix, la stabilité et la sécurité par l'intégration des hôtes de la ville, en absence d'un tel aménagement les villes ne seront pas en mesure d'assurer la paix et la sécurité et ceci se manifestera au moindre incident par des indices de malaise social comme le cas des évènements du stade de Béja en Juin 1999 ou les troubles causés par les élèves lors de l'arrêt des cours d'une heure, par les enseignants, soutien à la cause palestinienne en Mars 2002. L'aide du monde rural par l'état doit-être maintenu et renforcé au moins jusqu'à 2012, tout en préparant le plan d'intégration dans l'économie mondiale et le désengagement de l'état, il faut préparer un sous-plan pour l'arrière pays dans le cadre de la région programme compte tenu que la maturité économique et sociale de l’arrière pays n'est pas celle des régions côtières. Il faut alors veiller à ce que le désengagement de l’état ne se fait pas brusquement. Il est préférable d’installer des outils qui valorisent le matériel de l'état afin d'éviter des cessions qui peuvent tourner au désastre comme le cas des centres de collectes de laits et aussi pour un redéploiement optimal du personnel titre2 afin d'éviter des licenciement provoquant des cas sociaux, ceci par la création de filiale des Ministère de l'Intérieur ou de l'Equipement ou de l'Agriculture qu'on appellera des unités de génie rurale en ayant le statut de tâcherons pour entreprendre des travaux de piste, CES,… et intervenir en cas d'incendies ou inondations. Autrement dit des structures relais pour prendre en charge le désengagement de l’état en matière de développement et plus particulièrement la sauvegarde et l’entretien des acquis. Il faut considérer le matériel de l'état et son personnel titre2 comme un fonds spécial d'assistance mobilisable en cas de catastrophe naturelle, technologique ou environnementale, il y va même du respect et du prestige des pouvoirs régionaux. Le monde rural est un espace non seulement social et culturel mais un réservoir naturel générateur de richesse, une source de revenu pour la paysannerie, cet aspect économique de la compagne est le centre autour duquel s'articulent toutes les tensions conflictuelles et les différentes approches développementalistes. Dans ce cadre les compétences des Sociétés de Mutuelles de Services agricoles (SMSA) sont globales et contournent tout l'espace rural elles interviennent pour offrir une mécanisation adéquate de travail du sol, d’entretien et de récolte des cultures, offrir aussi une logistique d'approvisionnement et de commercialisation. Elles libèrent l'agriculteur pour se consacrer au suivi et la conduite des cultures. Les SMSA peuvent être des unités de commercialisation (Engrais, Semence, …), de collectes (Céréales, laits, olives, raisins …), de production (agricole, transhumance et gestion de troupeau, …), de génie rural (bâtiment de ferme, lac collinaire, puits de surfaces, sondage, route agricole …) ou des unités d’autres services (Etude, formation, consulting …). L'environnement institutionnel, la politique actuelle sont très favorables pour la réussite du mutualisme qui est le salut de la petite et moyenne exploitation par l'installation des mesures d'intéressements autour desquelles se regrouperont les exploitants car il est difficile d'affronter la prochaine étape sans la réduction des charges, la maîtrise des techniques, la rationalisation des investissements, et une exploitation optimum du matériel pour qu'il soit mieux rentable…Tout en espérant l’adhésion totale au mutualisme il est recommandé de réfléchir sur les points suivants : 1) Réduire l'effet du morcellement par la reconversion de l’Agence Foncière Agricole (AFA), en institution financière(5), outre ses fonctions actuelles et pour mieux assurer le remembrement en sec il faut lui affecter des fonds en nature (terres agricoles) et en espèces. En exploitant les résultats de l'étude des cartes agricoles relatifs à la taille minimale d'une exploitation viable selon les zones, les périmètres, la nature du sol, la spéculation. L'AFA doit avoir les tâches suivante : a) Vente des terres agricoles à des petits agriculteurs afin d'atteindre le minimum d'exploitation spéculée dans une région bien déterminée. b) Intervenir auprès des héritiers pour arrêter la division de l'exploitation en gardant un ou deux exploitants selon l'importance de la superficie. c) L'AFA remboursera le reste des héritiers sur ses propres fonds. d) Les exploitants rembourseront l'AFA selon des modalités fixées par des textes. 2) Installer une stratégie d’approche spécifique selon les étages bioclimatiques à savoir: a) dans les zones subhumides et les périmètres irrigués l’élaboration d’un programme de valorisation des fortes précipitations et des infrastructures hydrauliques basé sur l’intensification des cultures en fixant un objectif à haut rendement et en offrant les conditions et les exigences nécessaires à cet objectif, tel qu’un train de mesures qui consiste à des semences à haut rendement, densité de semis assez élevée, apport de fertilisation assez considérable, traitement contre les maladies cryptogamiques... b) Dans les zones semi-arides un programme basé sur les céréales secondaires orge et avoine avec l'intégration de l'élevage ovin, il faut aussi envisager un programme oléicole basé sur la Mgharsa tel qu'il a été fait par l'administration des Habous au début du IXX siècle dans la région de Sfax. On peut extrapoler aussi ce programme dans les terres accidentées de Hedhil et Khroumerie au Nord. c) Au Sud un programme d'extension du palmeraie national. Car la culture des dattes et le créneau porteur par excellence pour la Tunisie vu les spécificités bioclimatiques il ne peut pas être concurrencé par des géants comme l'Europe ou l'Amérique, il faut alors agrandir la forêt des palmiers dattiers et lui drainer les eaux du Nord. On peut aussi appliquer la Magharsa aux terres de l'état pour mieux impliquer la profession à la création et la mise en valeur des oasis. 3) Dynamiser et animer la bande frontalière Ouest pour bien gérer le surplus des produits maraîchers et mieux valoriser les périmètres irrigués et profiter d'un marché de proximité en installant des mécanismes qui n'obéissent pas aux tempéraments des relations bilatérales 4) Aider les agriculteurs à se redresser en se constituant des provisions pour pouvoir affronter l'ouverture des marchés et les défis de la prochaine étape par le gel de la dette jusqu'à nouvel ordre car la concurrence sera rude et agressive 5) Il faut permettre aux exploitants à l'indivision d'entreprendre des travaux de plantations arboricoles ou des constructions de hangars ou logements ruraux ou création de puits de surfaces…..etc en débloquant la situation à l'indivision concernant l'investissement par une loi spécifique aux biens ruraux qui considère que:"Tout investissement dans un bien rural ne portant pas préjudice sur le plan vocation ou accès, et en tenant compte de la qualité du sol et de sa position, lors du partage il sera attribué à son promoteur tant qu'il ne dépasse pas sa côte-part." 6) Regrouper les procédures, lois et codes se rapportant à l'agriculture dans un seul code qu'on appellera Code rural, car le droit est un système cohérent de règles juridique, la parcellisation des règles et la multiplication des lois entraînent une inflation législative. kastalli chérif Président de l’Association Méditerranéenne pour le Développement 5 Rue Ibn Rachiq Béja 9000 _____________________________________________________________________ (1) Hafedh Sethom : Pouvoir urbain et paysannerie en Tunisie :CERES (2) Béchir Takari : Du Cheikh à l’Omda – Mémoire de DES fac de droit Tunis 1975 (3) Administration du développement rural ENA CREA 1984. Contribution de : - Sadok Chaâbane :Administration des villes et administration des campagnes - Mohamed Lakhdar : Structures et procédures d’administration rurale - Slaheddine Ben Abid : L’animation pour le développement rural (4) Mohsen Limam : Des cadres juridiques de la planification – Thèse de Doctorat université de Strasbourg 1959 (5) Kastalli Chérif : Nécessité d’une réforme agraire - La Presse du 20 avril 1989 a> href="CLIQUER ICI">http://www.mediafire.com/?f05y9nn9d41< /a> ____________________

ما هو مستقبل الضيعات الصـغرى والمتوسـطة ؟

باجة 2002

ما هو مستقبل الضيعات الصـغرى والمتوسـطة ؟

إن الإجراء الذي يخص إحداث شركات التعاون الفلاحي هو اجراء ذو أهمية عظمى إذ يأتي في ظروف جيواقتصادية ملامحها لم تتبلور بعد حيث أن معالجة التوترات والنزاعات الدولية و الًًلإقليمية من طرف المنظمة العالمية للتجارة لم تمنع إندلاع الأزمات من مختلف أنحاء العالم كحرب الفولاذ و حرب البانان... و السؤال المطروح الآن هو : كيف ستكون إعانة الدولة للفلاحين، لتأهيل القطاع والمهنة ؟ كيف سيكون دفع القطاع والنهوض به من غير أن يقع الإخلال بقواعد المنافسة؟ إن تحديات المرحلة المقبلة عسيرة جدا و المطلوب منها الجواب على إشكاليات القطاع الفلاحي المتمثلة في الضعف الكبير في المردودية ،عدم التحكم في تقنيات الإنتاج، تشتت الملكية، ثـقل المديونية ، عدم قدرة الفلاحين على التهيكل، غياب خطة خصوصية حسب المناطق المناخية، عدم ترشيد الإستثمار، علاوة على أن التساقطات المطرية غير منتظمة فإن فلاحتنا مدعوة لمواجهة المرحلة المقبلة بتحسين مردوديتها وطاقتها التنافسية في إطار التفتح والعولمة و دفع الإستثمار وخلق مواطن شغل وبالتالي تحقيق الإكتفاء الذاتي وضمان الأمن الغذائي. إن الهدف الرئيسي لشركات التعاون للخدمات الفلاحية هو التقليص الهام في كـلفة الإنـتاج و تحسين الطاقة الإنتاجية للمستغلات الفلاحية والرفع من مداخيل الفلاحين وهذا بالدعم و المساندة على كل مستويات سلسلة الإنتاج للحد من كلفة تحضير الأرض ، وتوفير لوجستي لتسويق، للخدمات القريبة، للإحاطة الفنية، للتكوين ....الخ. تمثل الضيعات المتوسطة والصغرى 73 % من جملة المستغلات إذ إكتفينا بالضيعات الأقل من عشرة هكتار حيث في المناطق الشبه الجافة ضيعة بـ50 هكتار تعد ضيعة متوسطة. و هنا تجدر الإشارة بأن نصنف الضيعات حسب النشاط فإذا كان هذا ذو قيمة مضافة عالية أو ذو قطاع واعد حتى أقل من خمسة هكتارات تتموقع كضيعة قادرة على أن تقوم بدورها في توفير عيش محترم لصاحبها. إن الضيعات المتوسطة والصغيرة في حالة هشة جدا ، فهي تتجه نحو التفكك مع فقدان دورها كمؤسسة إقتصادية إثر تواتر التشتت، فإذا قارنا الوضعية الحالية بنتائج إستقصاء 1962-1961 نلاحظ أن عدد الضيعات التي هي أقل من 10 هك إرتفع بـ000 137 ضيعة وهذا على حساب تقلص المساحة لكل ضيعة من جراء نقل الملكية بالإرث. إن التعاون الفلاحي هو المنقذ للضيعات الصغيرة والمتوسطة للخروج من وضعية تتسم بضعف مداخيلها ، إرتفاع أسعار الأسمدة والمبيدات والمحروقات، تدهور الطاقة الشرائية للفلاحين، الربح المشط للوسطاء والسماسرة و الحالة المستمرة من التبعية و التداين. التعاون الفلاحي يأتي لترشيد الإستثمار، التحكم في المصاريف، الإسراع بهيكلة المهنة ، تقليص تسلط المديـنة على الريف(1) (في رحبة باجة البلدية تقوم رغم أنف الفلاحين باستخلاص دينارين على كل كيس من الحبوب حتى وإن لم تتم عملية البيع). إن التعاون الفلاحي سيساعد القطاع على تضميد جروحه ونسيان تأثيرات العشريات الأولى للإستقلال حيث سياسة تحديد الأسعار أجبرت الريف على بيع منتوجاته بأسعار بخسة للمدينة و ذلك للضغط على الأجور وتفادي الشغب الإجتماعي مما جعل الفلاح صندوق التعويض و مما يفسر كذلك حالة التداين المزمن التي يعيشها الفلاح. إن الضيعات الصغرى والمتوسطة مرتبطة عضويا في إطار خاص أين تتاخم فيه سلطة ريفية(2) ومنهجية تنموية(3) ، إن هذه الروابط تتجه نحو المراجعة منذ أن أحيلت مهمة التنمية المحلية لوزارة الداخلية، وهذه المراجعة ستهم المجالس المحلية للتنمية على مستوى التركيبة ، الميزانية، المشمولات، تعبئة وتوزيع الموارد المالية... سنرى مجالس القروية تتطور نحو دوائر ريفية ذات صبغة المجالس البلدية. كذلك تشريك المواطنين في تصميم وصياغة المخططات وتحمل مسؤولية التنفيذ والصيانة(4) مع الحرص على توثيق اقتراحات المواطنين في وثائق المخطط و ذلك لتفادي الشعور " بالانقلاب البيروقراطي"، أما في ما يخص السلطة الريفية وجب إعادة النظر في مواصفات العمدة بتكوينه في مجال الاقتصاد الريفي ، العلوم الاجتماعية والتنشيط . رغم أن التوجهات العامة للمخططات السابقة أعطت للريف عناية كبيرة ومتميزة، فهنالك مفاهيم وجب مراجعتها لأن المقاربة التنموية للريف لا يجب أن تكون غايتها شد سكان الريف زعم أن الحقول ستفتقر إلى اليد العاملة أو خنق المدينة أو ترييف المدينة. هذه النظرية هي ضيقة، بيروقراطية، تنطلق من المدينة و خطيرة جدا لأنها تحاصر الريف بين الأزمة والفخ. فالنزوح هو نتيجة التطور الاجتماعي و الديمغرافي. علاوة على خصوصيات العالم الريفي فهو مورد طبيعي يشتغل كجهاز له مردودية محدودة ولا يستطيع تحمل ضغط سكاني أكثر من طاقته. هذا الجهاز هو عبارة على مؤسسة لها طاقة تشغيل وكل زيادة في الأعوان ينتج عنه صعوبات هيكلية مؤثرة على مردودية هذه المؤسسة ، وبالتالي وجب تأهيل المدينة لتستقبل لا تيار الهجرة من الريف إلى المدينة بل النقلة الاجتماعية و ذلك بتصميمات وتهيئة عمرانية حول المدن الكبيرة ومراجعة الخطاب في ما يخص المدن. نقول مثلا جندوبة الكبرى أو باجة الكبرى (حمام سيالة، معقولة، واد البسيم، حجر عمر...) وليكن مثال التهيئة العمرانية مستشرف مبين فيه كيف ستكون الخطوط والطرقات الكبرى كي لا نجد أنفسنا في زقاق مسدود مع إدخال مفهوم "الجهة المبرمجة" بتركيز بنية اقتصادية قادرة على إدماج أصحاب الشهادات والقضاء على البطالة مع إلزام المؤسسات المالية التي تملك الدولة فيها أسهم كبيرة بإحداث معامل و شركات اقتصادية مشغلة لأن الجهات تفـتقر إلى أصحاب رؤس لأموال. إن هذه التهيئة ضرورية وتلعب دورا كبيرا في الاستقرار و الآمن والطمأنينة و ذلك بإدماج ضيوف المدينة. ففي غياب هذه التهيئة المدن غير قادرة على توفير الآمن والاستقرار وهذا يبرز في أي ظرف بمؤشرات توعك اجتماعي مثل أحداث ملعب باجة سنة 1999 أو أعمال الشغب التي قاموا بها التلاميذ في مارس 2002 عندما توقـفت الدروس بساعة مساندة للقضية الفلسطينية. إن إعانة الدولة للريف يجب أن تتواصل وتتدعم إلى غاية 2012. في إطار "الجهة المبرمجة" مع صيغة مخطط الاندماج في الاقتصاد العالمي والتخلي والخصخصة يجب كذلك تحضير مخطط استثنائي للمناطق الخلفية للبلاد باعتبار أن النضج الاجتماعي والاقتصادي لهذه المناطق غير مماثل للمناطق الساحلية، لذلك الخصخصة والتخلي يجب أن يكونا تدريجيا ومن المستحسن إرساء آليات تثمن معدات الدولة (شاحنات، جارفات ...) لتجنب التفويتات التي تنجر عنها خيبة الأمل كما وقع في مراكز جمع الحليب، و كذلك تفادي تسريح عملة العنوان الثاني للحد من الحالات الاجتماعية المتفاقمة. و تتمثل هذه الآليات في بعث شركات فرعية(filiales) تابعة لوزارة الداخلية أو وزارة التجهيز أو وزارة الفلاحة تسـمى وحدات التدخل الريفي أو وحدات الهندسة الريفية لها الصبـغة القـانونية كمقـاول (Tâcheron ) للقيام بأشغال تهم المسالك ، المحافظة على المياه والتربة... التدخل في حالات الحرائق أو الفياضنات بعبارة أخرى هذه الشركات هي هياكل ربط تأخذ على عاتقها عمليات تخلي الدولة في ما يخص مهام التنمية وبالأخص الصيانة والمحافظة على المكاسب. يجب اعتبار معدات الدولة وعملة العنوان الثاني كجهاز سريع التنقل في حالات الكوارث الطبيعية أو التكنولوجية أو البيئية وهذا ضروري لوقار و احترام السلط الجهوية. إن العالم الريفي هو فضاء ليس فقط اجتماعي وثقافي بل هو حوض طبيعي ينبع بالخيرات ومورد رزق بالنسبة لسكان الريف. هذا الطابع الاقتصادي للريف هو الذي تتمحور حوله جميع الصراعات والمنهجيات التنموية. في هذا الإطار تتسم مهام شركات تعاون الخدمات الفلاحية بالشمولية وتحيط بكل الفضاء الريفي تتدخل لتوفر الميكنة اللازمة لخدمة الأرض، للحصاد، للمحافظة على الزراعات و كذلك لتوفير بنية ملائمة للتموين والتسويق. هذه الشركات تساعد الفلاح للتفرغ للأعمال التي تهم المتابعة والتقنيات الزراعية. إن شركات تعاون الخدمات الفلاحية يمكن أن تكون وحدات تسويق (أسمدة، بذور..)، وحدات جمع (حبوب، زيتون، حليب، عنب ...) ، وحدات إنتاج (فلاحية، رعي الأغنام...)، وحدات هندسة ريفية (بناء إسطبلات، بحيرات، أبار،مسالك ...).أو وحدات متعددة الخدمات (دراسات، تكوين، استشارة ...). إن المحيط المؤسساتي والسياسة الحالية يوفران أرضية خصبة لنجاح منظومة التعاون الفلاحي التي تمثل المنقذ للضيعات الصغيرة والمتوسطة و هذا إثر الحوافز التي ستنجر وستلتف حولها الفلاحون لأنه من الصعب جدا مواجهة المرحلة المقبلة بدون الضغط على النفقات وبدون التحكم في التقنيات وبدون ترشيد الاستثمار وبدون استعمال مجدي ذا نجاعة و مردودية للميكنة... مع التأكيد على الانخراط الكلي في منظومة التعاون الفلاحي أقترح بعض النقاط للتفكير : 1) الحد من تشتت الملكية بتغيير صبغة الوكالة العقارية للفلاحة إلى مؤسسة مالية(5) (بنك) علاوة على مهامها الحالية وكي تقوم بعمليات الضم على أحسن ما يرام وفي المناطق الغير السقوية يجب دعم الوكالة برصيد عقاري (أرض فلاحية) ورصيد مالي ، مع استغلال نتائج الخارطة الفلاحية في ما يخص تحديد الحجم الأدنى لمستغل فلاحي كي يوفر عيش كريم حسب النشاط، المنطقة أو نوعية التربة ... فالوكالة العقارية الفلاحية مدعوة للقيام بالمهام التالية : أ- بيع أراضي فلاحية إلى الفلاحين كي يصلون للحجم الأدنى الذي يوفر عيش محترم حسب النشاط أو المنطقة ، ب- التدخل لدى الورثاء للحد من تشتت الملكية مع إبقاء واحد أو اثنان حسب حجم الضيعة ، ت- الوكالة تقوم بدفع مستحقات بقية الورثة من الأموال التي رصدت إليها ، ث- الفلاحون يقومون بخلاص ما عليهم للوكالة حسب نصوص وضمانات التي في حيز الوكالة 2) إحداث خطة خصوصية حسب المناطق المناخية متمثلة : أ- في المناطق الشبه رطبة والمناطق السقوية برنامج تثمين التساقطات المطرية وتجهيزات المائية للدولة يرتكز على تكثيف الزراعات مع رسم أهداف المردودية العالية وتوفير مستلزمات هذه المردودية العالية من بذور ذات طاقة إنتاجية عالية كثافة محترمة في البذر وتسميد محترم مواكب للمردود و كذلك المعالجة والوقاية من الأمراض الفطرية ، ب- في المناطق الشبه جافة إعداد برنامج يرتكز على الحبوب الثناوية (شعير، قصيبة) مع إدماج تربية الأغنام، التفكير كذلك في برنامج تطوير الغابة الوطنية من الزياتين يرتكز على المغارسة كما وقع ذلك في أول القرن الماضي عندما جمعية الأوقاف طورت في جهة صفاقس غابة الزياتين بعقود المغارسة. كذلك هذا البرنامج نستطيع أن نطبقه في الأراضي الوعرة في هذيل وخمير بالشمال ، ت- في الجنوب برنامج تطوير الواحة الوطنية لأن التـمور قطاع واعد ولا ينافسنا فيه عمالقة مثل أوروبا أو أمريكا نظرا للخصوصيات المناخية التي تطلبها النخلة، وبالتالي الإسراع بتوسيع الواحة الوطنية ومدها بمياه الشمال وتطبيق عقود المغارسة في الأراضي الدولية لإدماج وتشريك المهنة في إحداث واحات جديدة و إحياء المناطق القاحلة 3) تنشيط الشريط الحدودي الغربي لماله من منافع إقتصادية من حيث التبادل التجاري، فهو نافذة لتسويق فائض منتوجات الزراعات السقوية بالأخص الخضر و كذلك تثمين أنجع للمناطق السقوية وإستغلال سوق قريبة مع إرساء آليات لا تخضع إلى مزاج العلاقات الثنائية لتكريس ديمومة هذا السوق. 4) مساعدة الفلاح للنهوض وتكوين رصيد مالي يخول له مواجهة تفتح الأسواق وتحديات المرحلة القادمة بتجميد الديون إلى أن يأتي ما يخالف ذلك لأن المنافسة في المستقبل ستكون شرسة وبدون رحمة. 5) السماح للمالكين على الشياع بقيام بإستثمارات تخص التشجير أو البناءات أو الآبار... و ذلك بوضع حد للحالة التي تعرقل الإستثمار على الشياع و ذلك بقانون خاص بالعقرات الفلاحية ينص على : " كل إستثمار بعقار فلاحي لا يضر بهذا العقار على مستوى الصبغة أو المسلك مع إعتبار نوعية التربة والموقع عند القسمة هذا الإستثمار يخص به صاحبه في حدود منابه". 6) جمع التراتيب والقوانين والمجلات التي تتعلق بالفلاحة في مجلة تسمى المجلة الريفية لأن التشريع بصفة عامة هو منظومة متناسقة من القواعد و القاوانين وبالتالي تشتت هذه القواعد وتكاثر القوانين ينجر عنه تضخم تشريعي. رئيس الجمعية المتوسطية للتنمية شريف قسطلــي نهج إبن رشيق عـ5ـدد باجة 9000 Kastalli.cherif@laposte.net (1) حافظ ستهم : Pouvoir urbain et paysannerie en Tunisie :CERES (2) بشير تكاري : Du Cheikh à l’Omda – Mémoire de DES fac de droit Tunis 1975 (3) Administration du développement rural ENA CREA 1984. Contribution de : - صادق شعبان :Administration des villes et administration des campagnes - محمد لخضر : Structures et procédures d’administration rurale - صلاح الدين بن عبيد : L’animation pour le développement rural (4) محسن ليمام : Des cadres juridiques de la planification – Thèse de Doctorat université de Strasbourg 1959 (5) شريف قسطلـي : Nécessité d’une réforme agraire - La Presse du 20 avril 1989


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Ingenieur adjoint et exploitant agricole .Marié père de 2 enfants